La RDC ou la République des Inconscients

By Congo Collectif SOS RDCongo

Le réquisitoire du sénateur Modeste Mutinga, dans son ouvrage intitulé « RD Congo, la République des inconscients », pose une question fondamentale. « Ceux qui dirigent la RDC sont-ils des hommes d’Etat ou, tout simplement, des politiciens ? ».  

« La démocratie a besoin d’hommes d’Etat. Un politicien rêve de la prochaine élection, mais un homme d’Etat rêve de la prochaine génération », a rappelé fort opportunément le professeur Lye Yoka, citant un leader français.

Au regard de graves accusations du fondateur du Groupe de presse Le Potentiel, on se rend à l’évidence que le non démarrage de la RDC incombe principalement à « l’inconscience de sa classe dirigeante ».

Mais, s’agit-il vraiment d’une inconscience collective ? Certains rétorquent qu’il s’agit plutôt d’une « conscience machiavélique consensuelle ».
« Ceux qui ont pris part au pillage éhonté et systématique du pays à la suite des deux dernières guerres, étalent des richesses immobilières à Kinshasa comme en provinces sans qu’aucun service du fisc ne les inquiète », accuse Mutinga.

Plus grave encore. « Les retombées issues du coltan et du diamant de sang expliquent la pérennisation de l’état de guerre à l’Est de la RDC, surtout que les véritables bénéficiaires se trouvent parmi les acteurs politiques et militaires au niveau central à Kinshasa », affirme-t-il.

En d’autres temps et circonstances, le président Joseph Kabila avait dénoncé « une maffia dont le cerveau se trouve à Kinshasa ».

Un cercle vicieux ? Bien sûr, à en croire le sénateur qui note que « les contrats léonins ne sont pas le fait des seules multinationales minières ». Pour lui, « les experts congolais, commis à la négociation et à la signature des contrats, tout comme les ministres en charge du secteur, sont complices du désarroi économique qui empêche le pays de démarrer ».

A l’instar des « loups (qui) ne se mangent pas », les dirigeants congolais ont imaginé de savants mécanismes de protection contre d’éventuelles poursuites judiciaires.

« Le système est plus compliqué. Aucun parlementaire ne peut, en cours de sessions, être poursuivi ou arrêté qu’avec l’autorisation de l’Assemblée nationale ou du Sénat selon le cas, sauf en cas de flagrant délit (art.107 al. 2). En dehors de session, l’autorisation est donnée par le bureau de l’Assemblée ou du Sénat (art 170 al. 3) », explique un juriste.

L’alinéa 2 de l’article 166 de la Constitution couvre par ailleurs les membres du gouvernement, du fait que « la décision de poursuites ainsi que (leur) mise en accusation sont votées à la majorité absolue des membres composant l’Assemblée nationale suivant la procédure prévue par le règlement intérieur ».

« Toutes ces règles ressemblent à des verrouillages qui rendent certaines personnes +intouchables+ et les éloignent du principe de l’égalité des citoyens devant la loi. Tant que des parlementaires et ministres peuvent commettre des infractions et rester impunis, personne n’acceptera qu’il y a lutte contre l’impunité », stigmatise le même juriste.

« Parce que tous se sentent coupables », observent des analystes politiques.

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